Jeu d’échecs et réussite scolaire

mardi, 9 septembre 2008 | Education, Les échecs

Dans plusieurs pays, de nombreuses équipes pédagogiques ont introduit l’apprentissage du jeu d’échecs à l’école pour les enfants de 7 à 10 ans. En France, c’est le cas de certains instituteurs de classes de CE2 à CM2, sur la base du volontariat pour la plupart.

L’attente des enseignants recourant à la pratique de ce jeu est le développement des capacités de l’enfant dans des domaines aussi variés que la concentration, la mémoire, le raisonnement logique et la stratégie, le respect de règles et de l’autre.

Capacité de concentration
Les rares observations faites sur ces initiatives attestent que les enfants, après deux années d’apprentissage du jeu d’échecs, ont un niveau de performance plus élevé que celui des enfants de même origine et de même milieu social dans les matières exigeant des compétences mettant en jeu logique, stratégie, mémoire et capacité d’abstraction.

Les tournois de fin d’année bousculent même les à-priori que chacun peut avoir sur la corrélation entre milieu social et résultats scolaires. Ce critère motive la plupart des expériences conduites par des équipes d’enseignants.

La réussite de cet apprentissage repose pour une large partie sur le caractère ludique de ce processus, et sur le fait qu’il y a un but au jeu, capturer le Roi adverse. Le jeu fonctionne comme les jeux vidéo de stratégie et de combats, avec capture de pièces de l’adversaire en cours de partie, qui sont autant de morts ou de prisonniers.

Capacité de mémorisation

Plus précisément, les psychopédagogues ont relevé le bénéfice du jeu d’échecs pour l’enfant confronté à l’apprentissage de certaines matières. C’est notamment le cas pour le calcul arithmétique et les mathématiques. Le problème d’échecs s’aborde comme un problème mathématique : analyser les données (les pièces sur l’échiquier, leurs positions, les menaces, protections et combinaisons) énoncé des hypothèses et simulation des coups possibles en déduction, plan logique à suivre…

Si l’enseignement des mathématiques a pour but essentiel de doter l’enfant d’une capacité de raisonnement et de méthode, le jeu d’échecs est sans aucun doute celui qui peut développer le mieux ses facultés dans ce domaine. Observation – analyse – hypothèses – vérification-planification – probabilité et calcul des variantes – analyse des conséquences – toute la chaine méthodologique est présente dans ce jeu.

Pour que le but recherché – l’amélioration des performances scolaires et celle des facultés de stratégie, de mémoire et de concentration – soit atteint, encore faut-il que la méthode d’apprentissage d’échecs soit conçue en fonction de ce développement et qu’elle ne se limite pas à un apprentissage de la seule matière échiquéenne.

Capacité à résoudre des problèmes

De ce point de vue, les méthodes d’apprentissage du jeu d’échecs à la disposition des enseignants ont la plupart du temps été créées par des joueurs d’échecs et ne répondent qu’imparfaitement à ce but. Aucune n’a été élaborée en tenant compte des questions posées par l’apprentissage de savoirs, leur transférabilité, et les méthodes de didactique, et à fortiori avec pour objectif de transférer les habiletés développées par la pratique à d’autres disciplines.

Au cours de quatre années de recherches conduites en psychologie cognitive et en sciences de l’Éducation, les expériences menées ont abouti à des résultats probants attestant de façon significative des bénéfices de la pratique du jeu d’échecs pour la réussite scolaire.

Michel NOIR
Docteur en Sciences de l’Éducation

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11 commentaires sur Jeu d’échecs et réussite scolaire

alain fournier
23 novembre 2008

Bonjour,
merci pour cette fine analyse;;Pourriez vous me renseigner a propos des programmes d’apprentissage d’échecs pour les enfants existent il des sites ou l’on peut télécharger gratuitement?

Thierry CABOT
1 janvier 2009

Monsieur,

Peut-être aimez-vous la poésie ?
Bien cordialement à vous.
Heureuse année 2009.

Thierry CABOT

http://www.p-o-s-i-e.over-blog.net

ou Thierry CABOT ( moteurs de recherche )

franck chapron
4 janvier 2009

Bonjour,

j’ai lu votre thèse et votre travail m’a passionné.
Je suis enseignant en CLIS, classe pour enfants déficients intellectuels légers, en Guyane, et j’ai mis en place un projet d’enseignement basé sur le jeu d’échecs.
L’idée est notamment le développement de compétences métacognitives pour la résolution de problèmes.

Le programme informatique utilisé lors de votre expérimentation est-il disponible à la vente ou y a-t-il un moyen de se le procurer?

Cordialement

med
23 septembre 2010

je suis tunisien je suis le premier de ma classe en mathématiques j’aimes jouer avec echec

bonnet
12 octobre 2010

Bonjour monsieur,
votre travail m’a aussi passionné.
Agrégée de maths et enseignante en collège, j’ai monté un projet de remédiation par le jeu d’échecs pour des élèves en grandes difficultés scolaires.Je cherche à expliciter des liens et à concevoir des énoncés de problèmes en mathématiques qui puissent rendre pertinente cette approche.

admin
20 octobre 2010

Madame,

Je vous remercie de votre commentaire. Puisque vous êtes pleinement impliquée dans l’utilisation du jeu d’échecs pour les éléves en difficulté, je peux mentionner qu’une partie des travaux que j’ai réalisé sur le sujet démontraient qu’après deux ans de pratique du jeu d’échecs, les élèves de collège en ZEP atteignaient le même niveau de performances sur des tâches contrôles que des enfants de collège de zones plus favorisées et ne connaissant pas le « cumul de handicaps » de nombres d’élèves en ZEP.
Si le coeur vous en dit vous pouvez plonger dans ce type d’études et d’analyses et je vous adresse le lien qui vous permettra d’accéder à ma thèse de doctorat sur ce sujet (envoyé par mail).
Il sera sans doute plus aisé pour vous de prendre connaissance du support d’une conférence que j’ai réalisé sur ce sujet (envoyé par mail).
Acceptez mes salutations cordiales.
Michel NOIR

Franck Vasseur
4 novembre 2010

Bonjour.

Professeur de mathématiques en collège et en charge de l’animation d’un club d’échecs, j’ai suivi un stage de formation d’animateur où l’on m’a vanté les mérites de vos travaux.
Malheureusement, je n’ai pas pu, jusqu’à présent, avoir accès à votre thèse (le lien vers l’université de Lyon ne donnant rien).
Aussi vous serais-je particulièrement reconnaissant de m’indiquer comment me procurer ce document ainsi peut-être que la conférence à laquelle vous faites allusion dans vos réponses sur ce blog.

Dans l’espoir de vous lire.
Bien cordialement.
Franck Vasseur.

M. Vasseur
5 novembre 2010

Bonjour.

Enseignant en collège, je mets en place une activité basée sur les échecs et suis en pourparlers avec le maire de notre ville pour introduire le jeu dans les écoles ou les centres aérés.
Je cherche donc des clés pour les pédagogues, pouvant servir de base à un apprentissage des échecs et par les échecs qui soit pleinement profitable à nos enfants et à leur scolarité.

Benaissa (fils de Jésus)
28 janvier 2011

Cher Monsieur Noir,

C’est un fils d’immigré marocain, élevé en ZEP(en partie), et cherchant activement à entrer sur le marché (de dupes?) du travail depuis quelques mois qui vous écrit ces quelques lignes.

Pour soigner une gangrène, vous préconisez un sparadrap?

Faire se créer « des connexions » dans les cerveaux de jeunes fils et filles d’esclaves modernes nés ici car un certain monsieur Bouygues a trouvé ça économiquement rentable (dumping social) au milieu des années 70, leur permettra-t-il de trouver un emploi stable, pas payé au lance pierre et intéressant leur autorisant de construire quelque chose et de « s’épanouir »?

La question est rhétorique vous vous en doutez…

En parcourant ce qu’il est possible de trouver de votre biographie sur internet, j’ai lu que vous fûtes membre d’un certain club (ou « think tank »), qui joue à un jeu d’échec grandeur nature depuis un certain temps.
Le monde est pour ce club « un grand échiquier » (Brzezinski), et je pense avec d’autres que l’objectif n’est pas de libérer les esclaves ou leurs enfants!

Si vous en fûtes effectivement membre, et que vous en croisez encore certains à l’occasion, dîtes leur bien ceci:

LES FILS D’ESCLAVES COMMENCENT A SE RÉVEILLER, L’ESPRIT DE SPARTACUS QUI REFUSA DE TUER OENOMAUS POUR LE BON PLAISIR DES PUISSANTS DE L’ÉPOQUE N’EST PAS MORT.

LA LIBERTÉ A UN PRIX QUE BEAUCOUP PLUS QUE VOUS NE PENSEZ SONT ENCORE PRÊTS A PAYER!!

Par cette lettre je ne prétends pas savoir si vous êtes plutôt « collabo ou résistant », je vous demande simplement de faire passer le message si vous en avez l’opportunité!

Et pour finir, puisque vous aimez, tout comme moi, la culture et la langue japonaise voici un haiku de printemps:

« Haru no umi
hinemosu
notari notari kana. »

ROUGET
6 février 2012

bonjour,

je suis en Master 2 de l enseignement et je réalise actuellement un mémoire sur le jeu d’échecs à l’école suite à la BO du 19 janvier 2012. je dois lire vos travaux.
Serait-il possible d’avoir votre thèse, ou du moi le support de votre conférence.
Par avance merci.

Philippe Joussim
6 mars 2012

Bonjour

Je suis animateur-échec et je travaille dans les écoles primaires et collèges. J’ai commencé à lire votre thèse extrêmement intéressante.

Même question que d’autres intervenants. Votre didacticiel est-il disponible ? Je suis curieux de la façon dont-il a été conçu. Peut-on s’en inspirer ? Ou l’utiliser ?

Cordialement

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